Objectifs et projets

Objectifs

  1. Étudier les dynamiques migratoires en tant que système liant les pays d’origine, de transit et de destination afin de rendre compte de la complexité des flux dans leurs contextes territoriaux et transnationaux ;
  2. Analyser les parcours migratoires et les formes de précarité rencontrées par les migrants afin d’identifier et de comprendre les répercussions des politiques migratoires sur les migrants et leur famille ;
  3. Expliquer comment certains territoires et routes migratoires évoluent et pourquoi ;
  4. Générer des connaissances utiles et éclairantes pour l’élaboration de politiques publiques visant à favoriser les retombées positives des migrations.

Projets 2021-2023

L’espace des Amériques

De nombreux flux migratoires se déploient à travers les Amériques. Ils comprennent des migrations dites permanentes ou temporaires, ainsi que des migrations irrégulières et des migrations de transit. La chaire mène de nombreux projets sur ces différentes formes de migration.

La situation des demandeurs d’asile est au cœur de deux projets financés auxquels participe l’équipe de la chaire. Ces migrants sont plus présents dans les discours publics et politiques québécois depuis 2017, à la suite de l’augmentation des arrivées à la frontière terrestre. Mireille Lajoie (maitrise, géographie) étudie les discours politiques sur les demandeurs d’asile, et Véronique Tessier (maitrise, géographie) s’intéresse aux parcours de demandeurs d’asile qui migrent en famille. La chaire se penche également aux parcours migratoire, d’insertion et de regroupement familial des réfugiés. Ana-Brigitte Poveda (maitrise, géographie) analyse l’insertion spatiale des réfugiés dans la région de Ottawa-Gatineau. Jacob Bruel-Courville (maitrise, géographie) étudie le rôle des organisations communautaires dans les processus de réunification familiale chez les réfugiés. Guillaume Haemmerli (doctorat, géographie) effectue des analyses sur des données quantitatives administratives pour mieux comprendre les parcours des réfugiés du Vietnam arrivés au Canada au tournant des années quatre-vingt. Marcus Fraga (doctorat, sociologie) compare les politiques migratoires du Canada et de la Suède et leurs effets sur les parcours d’insertion chez les réfugiés.

L’équipe de la chaire continue ses recherches sur la situation des travailleurs agricoles temporaires, amorcées par Danièle Bélanger il y a plus de quinze ans. Afin d’approfondir l’étude de la relation entre régime migratoire et marché du travail, les projets actuels s’élargissent à d’autres secteurs d’emploi où travaillent de nombreux migrants à statuts précaires. L’ère de la pandémie a braqué les projecteurs sur ces travailleurs essentiels, rendant de telles recherches d’autant plus d’actualité. Capucine Coustere (doctorat, sociologie) étudie les parcours de jeunes résidents temporaires qui travaillent dans le secteur de l’hôtellerie et de la restauration au Québec.

La chaire poursuit par ailleurs ses recherches, entamées au Mexique, sur les acteurs qui assistent les migrants dans leurs démarches et leur parcours migratoires. L’équipe mène un tout nouveau projet sur le rôle des bureaux de circonscription fédéraux dans la provision de services en immigration au Canada. Claudine Boucher (maitrise, géographie) effectue une analyse de genre sur les pratiques des adjoints de circonscription fédéraux dans la prestation de services en immigration.

L’espace méditerranéen et du Moyen-Orient

D’un point de vue migratoire, la région de la Méditerranée est caractérisée par des situations de transit, dans laquelle des personnes, fuyant des conflits armés, sont en déplacement et en attente dans différents territoires. La Turquie, pays au cœur de la crise migratoire actuelle, a ouvert ses frontières aux réfugiés provenant de la Syrie en octobre 2011, leur offrant une protection légale temporaire. Puis, avec l’intensification et la complexité croissante du conflit, la Turquie s’est transformée en territoire d’attente : En 2021, un total de 3,7 millions de réfugiés syriens vivait en Turquie. Danièle Bélanger a obtenu une première subvention de recherche pour étudier ces questions (Surviving Immobility) et, en juin 2017, une subvention Développement Savoir a été obtenue pour un projet en partenariat avec Cenk Saraçoğlu de l’Université d’Ankara. Cette collaboration se poursuit actuellement à travers une analyse des répercussions de la pandémie de 2020-21 sur les réfugiés syriens en Turquie. Myriam Ouellet (doctorat, géographie) s’interroge sur la dimension genrée des migrations de réfugiés, par l’étude de l’exil de jeunes hommes syriens déserteurs qui cherchent l’asile dans les pays frontaliers à la Syrie (Liban, Turquie et Jordanie).

L’espace européen

La migration de 2015 vers l’Europe fait l’objet du premier film documentaire produit par la chaire, «Témoins de l’exil», qui porte sur la route des Balkans. La chaire s’intéresse particulièrement au rapport des migrants à la ville et aux rapports entre résidents et migrants dans l’espace urbain. Le projet principal est porté par Annaelle Piva (doctorat, géographie) et analyse les campements urbains de Paris et de Rome comme espaces révélateurs de ces rapports à la ville.

L’espace asiatique

Souvent négligée dans la recherche sur les grands flux migratoires, la région de l’Asie est pourtant un foyer migratoire important à l’échelle globale. L’Asie est aussi un continent où de nombreux travailleurs migrants vivent des situations de précarité. Danièle Bélanger a une longue feuille de route sur les migrations dans les territoires asiatiques, notamment en termes de recherche sur les migrations de travail, sur le genre, sur les politiques migratoires et le transnationalisme migrant. La chaire participe à un nouveau projet sur la migration de travailleurs du secteur de la santé. Il étudie le déploiement d’un accord bilatéral entre le Vietnam et l’Allemagne pour la formation, le recrutement et l’embauche d’infirmières vietnamiennes en Allemagne. Naoko Sunai (doctorat, géographie), travaille sur le système et l’infrastructure migratoire entre l’Asie du sud-est et de l’Asie de l’est. Elle étudie les parcours de femmes migrantes vietnamiennes non documentées au Japon et à Taiwan.