Projet bande dessinée
Le projet « Planche la recherche : Quand BD et sciences sociales s’emmêlent » porte sur la collaboration entre la bande dessinée et les sciences sociales.

Le projet comporte quatre volets :
- La formation, en 2022-2023, de huit binômes composés de bédéistes et d’étudiantes, étudiants, chercheuses et chercheurs à la bande dessinée comme outil de transfert des connaissances et comme méthode de recherche.
- La cocréation, à l’issue du cycle de formation, de quatre planches illustrées par les binômes. Celles-ci mettent en lumière les résultats de huit recherches interdisciplinaires sélectionnées, portant sur les effets des institutions et de l’action publique sur la société et les individus.
- L’organisation d’une réflexion approfondie sur les usages de la bande dessinée en sciences sociales dans le cadre d’un colloque international et pluridisciplinaire tenu les 18 et 19 mai 2023 à la Grande Bibliothèque (Montréal), incluant conférences et tables rondes.
- La publication d’un ouvrage hybride réunissant les planches, des retours réflexifs des binômes sur leur collaboration et des textes issus des discussions du colloque, afin de nourrir la cocréation, la collaboration interdisciplinaire et la réflexion théorique sur ces enjeux.
- Capucine Coustere (doctorat, Université Laval)
- Maïa Neff (doctorat, Université Laval)
- Pierre Nocérino (postdoctorat EHESS)
- Romain Paumier (postdoctorat, Université de Montréal)
- En collaboration avec Danièle Bélanger (Chaire de recherche du Canada sur les dynamiques migratoires mondiales)

Ce colloque interdisciplinaire et international a rassemblé chercheuses, chercheurs et bédéistes afin de créer des passerelles et d’alimenter une réflexion approfondie sur les liens entre bande dessinée et sciences sociales. Tenu les 18 et 19 mai 2023 à la Grande Bibliothèque de Montréal, il a proposé conférences et tables rondes favorisant le croisement des perspectives.
L’événement a constitué un espace privilégié de dialogue entre les milieux de la bande dessinée — autrices, auteurs, éditrices, éditeurs — et le monde universitaire (sciences sociales, anthropologie, géographie, etc.). Il a réuni étudiantes, étudiants, professeures et professeurs, qu’ils soient novices ou plus expérimentés dans les démarches de collaboration entre bande dessinée et recherche.
Revoir les tables rondes et les conférences sur la chaîne YouTube de la Chaire
Journée 1
9h - 17h : Ateliers de cocréation artistes-chercheur·ses
Journée 2
9h - 12h : Ateliers de cocréation artistes-chercheur·ses
12h - 13h : Lunch
13h - 16h30 : Colloque ouvert au public
13h - 13h30 : Accueil
13h30 - 14h20 : Mot d’ouverture & Conférence “Sciences sociales et bande dessinée : états des lieux et convergences de deux mondes”
Par Capucine Coustere, Maïa Neff, Pierre Nocérino, Romain Paumier, et Danièle Bélanger
Les initiatives croisant sciences sociales et bande dessinée se font de plus en plus nombreuses, s’inscrivant dans une longue tradition d’écriture graphique des sciences. Bédéistes comme chercheur·ses soulignent ainsi régulièrement les nombreux apports d’une telle coopération. Toutefois, ils et elles peuvent également faire part de leurs difficultés voire de leurs frustrations, que ce soit au niveau de la production des œuvres, de leur diffusion ou encore de leur réception. Cette conférence se donne ainsi pour objectif de revenir sur ces expériences passées pour comprendre et expliquer ces réactions ambivalentes qui ponctuent nécessairement la collaboration de deux mondes professionnels qui s’emmêlent.
14h20 - 14h50 : Conférence “Des deux côtés du miroir : témoignage d’une expérience de création et d’édition de sciences sociales en BD”
Par Lisa Mandel
Autrice de bande dessinée depuis 2001, Lisa Mandel a rapidement vu dans la bd un moyen pour parler du réel. En 2015, elle crée avec la sociologue Yasmine Bouagga la collection « Sociorama » aux éditions Casterman, qui proposera 12 albums de fiction inspirés de travaux ethnographiques ainsi que plusieurs hors-séries relatant des enquêtes en cours. Suite à ce travail d’éditrice, Lisa Mandel se lance dans l’auto-édition, jusqu’à proposer la création d’une structure spécifique dédiée à appuyer les auteurs et autrices dans cette démarche : les éditions Exemplaire. Professionnelle multicasquette, Lisa Mandel aura l’occasion de revenir sur les enjeux et difficultés de ces différents métiers, et de la place que peuvent occuper les sciences sociales dans chacun d’eux.
14h50 - 15h : Pause
15h - 16h30 : Table ronde “Chercheur·ses et artistes : les défis de la collaboration”
Avec Nicolas Sallée, Léa Mazé et Béatrice Zani
Animation par Danièle Bélanger
Plus que les sciences sociales et la bande dessinée, se sont avant tout des chercheur·ses et bédéistes qui se croisent. Les modalités de cette collaboration sont néanmoins très différentes d’un cas à l’autre. Si des formes d’écriture à 4 mains sont possibles, il arrive également que l’une ou l’autre des parties s’implique davantage dans la création. À partir de différentes expériences et points de vue, cette table ronde visera à explorer les défis concrets qui se posent aux auteurs et autrices, pour tenter de comprendre et expliquer en quoi les solutions trouvées leur apparaissent satisfaisantes ou non au regard de leur propre posture.
5 à 7 à la Cinémathèque
Journée 3
8h30 - 16h45 : Colloque ouvert au public
8h30 - 9h : Accueil des participantes et participants, café
9h - 10h30 : Table ronde “Sciences sociales et bande-dessinée : avec et au-delà la vulgarisation”
Avec Martin Patenaude-Monette, Isabelle Perreault, Christian Quesnel et Emanuelle Dufour
Animation par Romain Paumier
L’apport de la bande dessinée aux sciences sociales (ou même aux sciences en général) est souvent pensé en termes de vulgarisation : ce médium est effectivement particulièrement propice à une diffusion élargie des résultats de recherche. Tâche particulièrement difficile, notamment quand il s’agit de rendre accessible des disciplines scientifiques qui se donnent pour tâches de montrer à quel point la réalité est plus complexe que l’on ne l’imagine. Mais surtout, il existe bien d’autres façons de mobiliser la bande dessinée pour traduire graphiquement des recherches, qu’il s’agisse d’une écriture académique et graphique ou encore d’une recherche-création où le dessin est embarqué au moment même de l’enquête. Autant de postures et enjeux spécifiques sur lesquels pourront revenir les participant·es de cette table ronde.
10h30 - 10h45 Pause
10h45 - 12h15 : Table ronde “Dessiner, penser, interpréter le réel : les bédéistes font de la recherche”
Avec Ariane Dénommée, Stéphane Lemardelé et Francis Desharnais
Animation par Fabrice Fernandez et Sarah Arnal
Après avoir discuté des apports de la bande dessinée pour transcrire des recherches, cette table ronde reviendra sur d’autres ponts qui existent entre le travail des bédéistes et celui des chercheur·ses en sciences sociales. Il s’agira notamment d’échanger avec des bédéistes qui se sont impliqué·es dans un travail d’enquête durant lequel des « données de terrain » sont récoltées pour nourrir leur bande dessinée. Ces démarches impliquent de résoudre un certain nombre de problèmes, qui ne sont pas sans rappeler des débats méthodologiques qui traversent les sciences sociales : rapport au réel, positionnements opérés face à un terrain spécifique, sélection des données et de ce qui est montré ou non, ton et angle retenu, etc.
12h15 - 13h30 : Lunch
13h30 - 14h30 : Table ronde “Témoignages : retours sur les ateliers de cocréation artistes/chercheur·ses du projet Planche la recherche”
En quelques lignes rapidement esquissées, le but de cette table ronde est d’essayer de créer des ponts entre le travail des bédéistes et celui des chercheurs et chercheuses en sciences sociales. L’idée consiste à discuter avec des auteurs et des autrices de la manière dont ils et elles travaillent et construisent leur BD (que l’on peut qualifier de BD du réel ou BD documentaire) à partir d’un travail d’enquête (travail qui peut lui-même se comparer à des méthodologies d’enquête en sciences sociales). Il s’agit ici d’échanger au sujet de la manière dont ils et elles travaillent avec le réel, en menant des enquêtes ou en mobilisant des vécus d’expérience et des « données de terrain ». L’objet de cette table ronde est de discuter de la manière dont on peut construire une histoire, une narration à partir d’archives, d’entretiens ou de discussions, de recherches et d’enquêtes; la façon dont se dessinent et s’opèrent, parfois de manière très intuitive, des choix, des positionnements dans l’approche et la méthode de travail; la question du rapport au réel; les positionnements que l’on opère face à un terrain, ce que l’on choisit de dire, ce qui nous semble important de montrer, positionnements qui vont esquisser la manière dont le récit va se construire…
14h30 - 14h45 : Pause
14h45 - 16h15 Table ronde “Édition et diffusion : stratégies, difficultés et contraintes environnementales”
Avec Lisa Mandel, Judith Oliver, Ecosociété et Les presses de l’Université de Montréal
Animation par Pierre Nocérino
Le colloque aura été l’occasion de discuter des apports (mais aussi difficultés) dans les diverses formes de collaboration entre chercheur·ses et bédéistes. Néanmoins, pour réellement comprendre et expliquer ces apports et difficultés, il est important de replacer ces collaborations dans leur environnement social. Ainsi, cette table ronde interrogera le rôle des éditeur·ices dans les croisements entre sciences sociales et bande dessinée : véritable travail de l’ombre, l’édition est soumise à diverses contraintes et enjeux spécifiques qui orientent le travail de création, tout en le rendant possible. En revenant sur des initiatives très différentes, issues du milieu académique comme du milieu de la bande dessinée, les intervenant·es reviendront sur les aspects concrets de leur travail et les raisons qui les poussent à s’engager dans de tels projets.
16h15 - 16h40 : Mot de clôture

Durant plusieurs mois, 8 binômes de chercheuses, chercheurs et de bédéistes ont été formés à la cocréation et à la collaboration interdisciplinaire par Emanuelle Dufour (anthropologue et autrice de bande dessinée), Léa Mazé (autrice de bande dessinée), Pierre Nocerino (postdoctorant à l’EHESS et auteur de bande dessinée) et Martin Patenaude-Monette (auteur de bande dessinée et formateur). Au cours de ce processus, les binômes ont travaillé à la création de quatre planches de bande dessinée à partir de recherches scientifiques. Vous pouvez les consulter ici :
Binôme 1 : “Trésors ensevelis”, par Delphie Côté-Lacroix (bédéiste) et Camille Thériault (étudiante à la maîtrise en archéologie, Université Laval)
Binôme 2 : “C’est pas logique”, par Francis Desharnais (bédéiste) et Antoine Mazot-Oudin (chercheur postdoctoral science politique, Université Concordia)
Binôme 3 : “Sauve qui peut (le patriarcat)”, par François Samson Dunlop (bédéiste) et Mélissa Castilloux (étudiante à la maîtrise en science politique, UQAM)
Binôme 4 : “Le ricochet carcéral” par Julien Dallaire-Charest et Sandra Lehalle (professeure agrégée de criminologie et directrice adjointe du département, Université d’Ottawa)
Binôme 5 : “L’arrivée”, par Jennifer Galewski et Chenour Oechlin (étudiante à la maîtrise en géographie, Université Laval)
Binôme 6 : “La personne, l’intervention et les droits : regards d’intervenant.e.s socia.ux.les en milieu judiciaire”, par Chloloula et Isabelle Raffestin (étudiante au doctorat de travail social, UdeM)
Binôme 7 : “Les bureaux de circonscription, salles d’urgences et carrefours de services en immigration au Canada” par Jordanne Maynard et Adèle Garnier (professeure agrégée et directrice des programmes de 1er cycle en géographie, Université Laval).
Binôme 8 : “ Vies de femmes au Kamouraska : ruralité, mythes et préjugés”, par Mireille Saint-Pierre et Karina Soucy (étudiante au doctorat de sociologie, Université Laval)